"La Littérature est bien la preuve que la vie ne suffit pas."

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De retour !

Non, je n'ai pas cessé de lire ni cessé d'avoir envie de partager ces jolis moments mais j'ai encore beaucoup à apprendre sur la gestion du temps ... Merci aux visiteurs, malgré tout. Un merci tout spécial à Richard. Cécile

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"C'est presque tout que de savoir lire."

ALAIN, Propos sur le bonheur 

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  • Cécile
  • lectrice gourmande bibliothécaire goulue
  • "Quand une bibliothécaire normande débarque dans l'Yonne, c'est cidre errant... Originaire du Calvados, elle n'hésite pas à jeter un pavé dans le marc mais la Bourgogne ne lui en veut pas et l'accueille Serein-nement !"
Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 09:17

Dico-amour.gifLe narrateur a choisi de raconter son histoire sur le modèle d'un dictionnaire : il choisit les mots qu'il va illustrer de façon personnelle. C'est donc au fil de ses mots que le lecteur découvre l'univers du narrateur.

"Dictionnaire d'un amour" revient sur la rencontre de deux amoureux, sur leur questionnement au quotidien, sur la vision des choses de l'un ou de l'autre. Le lecteur va du constat d'un détail à la réflexion plus universelle.

 

Ce texte se lit très vite et permet de passer un bon moment.

 

"Indélébile, adj.

Cette première nuit, tu as tendu un doigt et tu l'as approché du sommet de ma tête, puis tu l'as fait glisser entre mes yeux, sur mon nez, mes lèvres, mon menton, mon cou, et jusqu'au milieu de ma poitrine. Ce geste m' a tellement surpris que j'ai su que je ne pourrais jamais le reproduire. Il t'appartiendrait, à toi seule, pour toujours."

 

"Ineffable, adj.

Ces mots finiront par n'être que des réflexions creuses, dépourvues de toutes les sensations que les mots ne savent exprimer. Essayer d'écrire sur l'amour, c'est, au bout du compte, comme essayer de peindre la vie à l'aide d'un dictionnaire. Si nombreux soient les mots qu'il contient, il n'y en aura jamais assez."

 

"Juxtaposition, adj.

ça m'effraie de m'apercevoir à quel point j'ai du mal à me souvenir de la vie avant toi. Je n'arrive même plus à comparer, parce que mes souvenirs de cette autre époque sont aussi lointains que des photos. Il paraît idiot de se prêter au petit jeu du mieux et du moins bien. Ce qui est et ce qui n'est plus - tout se résume à ça désormais." 

Par Cécile - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Salon Lecture
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 16:22

Les bibliothécaires doivent aujourd'hui (il serait temps !) faire le deuil de certaines collections qui furent autrefois jugées d'excellente qualité. La collection "1 000 Soleils" de chez Gallimard en fait partie. C'est une collection qui date des années 80, le petit opus que j'ai encore sous les yeux, mais qui seront les heureux derniers à bénéficier de ce privilège, oh combien sacré puisque j'ai découvert ce magnifique texte, date de 1983 ...

N'ayez pas peur, oh bibliothécaires, de ... notre temps en perpétuel mouvement !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Et osez, oui osez PILONNER !!!

Il n'empêche que, quand l'état du livre le permet, quel plaisir que d'avoir le temps d'y faire un doux plongeon !

 

Seule l'écriture permet à l'auteur de retrouver sa chère mère et ses souvenirs. Cet attachement est tellement particulier que j'irai jusqu'à croire qu'il n'est pas suffisamment de mots pour dire cet attachement éternel et la douleur de l'absence.

En cela, je rapproche ce texte de celui de Roland Barthes, publié en 2009, "journal de deuil".

Ils font partie de ces livres vers lesquels nous ne cesserons pas d'aller.

 

J'aime énormément, d'entrée, l'incipit :

 

"Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n'est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien.

 

Quel étrange petit bonheur, triste et boitillant mais doux comme un péché ou une boisson clandestine, quel bonheur tout de même d'écrire en ce moment, seul dans mon royaume et loin des salauds. Qui sont les salauds ? Ce n'est pas moi qui vous le dirai. Je ne veux pas d'histoires avec les gens du dehors. Je ne veux pas qu'on vienne troubler ma fausse paix et m'empêcher d'écrire quelques pages par dizaines ou centaines selon que ce coeur de moi qui est mon destin décidera. J'ai résolu notamment de dire à tous les peintres qu'ils ont du génie, sans ça ils vous mordent. Et, d'une manière générale, je dis à chacun que chacun est charmant. Telles sont mes moeurs diurnes. Mais dans mes nuits et mes aubes je n'en pense pas moins.

 

Somptueuse, toi ma plume d'or, va sur la feuille, va au hasard tandis que j'ai quelque jeunesse encore, va ton lent cheminement irrégulier, hésitant comme en rêve, cheminement gauche mais commandé. Va, je t'aime, ma seule consolation, va sur les pages où tristement je me complais et dont le strabisme morosement me délecte. Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais ils ne me rendront pas ma mère. Si remplis de sanguins passé battant aux tempes et tout odorants qu'ils puissent être, les mots que j'écris ne me rendront pas ma mère morte. Sujet interdit dans la nuit. Arrière, image de ma mère vivante lorsque je la vis pour la dernière fois en France, arrière, maternel fantôme."

 

Par Cécile - Publié dans : Bibliothèque - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 16:00

kitchen.gif Ce fut un plaisir que de découvrir l'univers de Jo Joo Hee qui, à travers les diverses scénettes de "Kitchen", montre, dans son univers, l'importance affective de la nourriture et de sa préparation.

En effet, quoi de mieux qu'une patisserie à base de haricot rouge pour rappeler le souvenir de la mère aimée ? Quoi de mieux, en guise de rupture amoureuse, que de préparer un ultime dîner raffiné et de faire croire à celui dont il faut se détacher qu'il a été empoisonné !!!! (Sans pour autant que ce soit vrai mais l'affront du garçon qui va vomir ces subtiles saveurs par simple peur et lacheté va permettre à la jeune fille de définitivement se détacher de lui.)

Bref, autour des aliments et de la cuisine coréenne, ce sont les joies et les tristesses du quotidien, les souvenirs qui retrouvent leur écho.

A savourer sans modération ... comme tout ce qui se savoure !

Par Cécile - Publié dans : BD et mangas - Communauté : Salon Lecture
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