"Le dernier mort de François Mitterrand", de Raphaëlle Bacqué, Grasset & Albin Michel, 2010
Oui, nous savons tous la capacité de François Mitterrand à séduire hommes et femmes, à faire mouche, le tout doté d'une mémoire immense et d'une culture brillante dans tous les domaines, la littérature ayant sa préférence.
François de Grossouvre a le coup de foudre pour celui qui allait lui permettre d'avoir une nouvelle vie placée sous les ors de la République, à la droite du monarque. Le pouvoir et ses secrets d'alcôve, le pouvoir et ses secrets financiers, le pouvoir et ses secrets politiques, bref ces deux mots résument ce qui séduisait François de Grossouvre et que représentait François Mitterrand.
Mais, pour "le Cardinal", comment concilier l'arrivée de la vieillesse et sa mise à l'écart ? Cet industriel à l'élégance et aux goûts aristocratiques (il est un excellent cavalier et chasseur) aura tout fait pour plaire à l'ami qui deviendra Président (malgré "l'attentat" de la rue de l'Observatoire ...) en lui apportant argent, relations et protection (celle de la famille illégitime du Président). Mais la réélection de 1988 sera le tournant fatal d'une disgrâce que de Grossouvre ne digèrera pas au point de se faire sauter la cervelle dans le plus symbolique des endroits : le Palais de l'Elysée.
Raphaëlle Bacqué réussit à merveille à retracer l'histoire de deux hommes mutuellement éblouis l'un par l'autre jusqu'au jour où l'éclat s'assombrit. Tou y est : le choix des anecdotes, la concision du style, la construction du récit.
Bref, à lire absolument.