"Les années douces, 2" de Jirô Taniguchi, adaptation du roman de Hiromi Kawakami, chez Casterman, coll. "Ecritures", 2011
D'abord dire que ce tome peut se lire tout à fait indépendamment du premier. C'est tout simplement, et comme souvent avec Taniguchi, un petit miracle. Il nous entraîne dans un quotidien qui peut d'abord paraître banal mais de cette banalité, il en montre ... la douceur. En effet, quoi de plus doux que le plaisir de se retrouver régulièrement aux côtés de quelqu'un auprès duquel on se sent tout simplement bien, sans qu'il y ait une obligation de parler ?
C'est ce qui arrive à Tsukiko qui croise régulièrement celui qu'elle nomme "maître" et qui fut autrefois son professeur. Ils se croisent dans ce qui serait chez nous l'équivalent d'une brasserie. Ils se rendent donc régulièrement chez Satoru pour seulement boire et parfois manger. La belle Tsukiko est une sacrée consommatrice de saké ! Taniguchi accorde une large importance à la nourriture, au plaisir qu'il y a à la déguster et celui de parler des saveurs que Tsukiko et le maître découvrent. Tout cela me plait beaucoup, et leurs silences, leurs différences aussi : le maître, bien plus âgé que la jeune femme, est posé, calme, discret; Tsukiko semble plus anxieuse, plus en attente d'un autre partage que ces entrevues chez Satoru. Ils vont décider de voyager et peu à peu, tout doucement et presque imperceptiblement, la réciprocité du sentiment amoureux va naître.
Toute cette douceur, cette lenteur, cette absence de bavardage, cette simple quiétude à être en compagnie de la personne avec laquelle nos deux personnages se sentent bien, tout cela me touche beaucoup.
J'espère trouver le temps de découvrir le roman dont s'est inspiré Jirô Taniguchi, celui de Hiromi Kawakami :
Bonne dégustation !