"Love Hotel" de Christine Montalbetti chez P.O.L, 2013
Un écrivain est au Japon. Cet après-midi-là, il a rendez-vous au Love Hotel avec Natsumi. Il s'agit de cela, du chemin qui mène à l'hôtel, du choix de la chambre à partir d'une image sur écran, puis de l'impression d'isolement du monde dans ces chambres sans fenêtre.
Cet après-midi, dans cette chambre, bien sûr, il y est question de sexe tout autant que de réminiscences, de pensées vagabondes sur le folklore japonais, de référence à Ozamu Dazai, de la vie de Natsumi et de celle de son mari. Tout est est fortement marqué par une impression de solitude, à l'écart du monde, dans cette chambre murée, tout autant que par sa forte présence grâce à la pensée.
Malgré trop de parenthèses, ce roman à l'écriture sensuelle et sensorielle, offre un très beau moment de lecture.
A découvrir.
"Ce qu'on y trouve, je dirais poivre, noisette, et aussi poudre de riz, le parfum mat et léger des fleurs de tournesol. Ce sont là des effluves en même temps délicats et corsés pourtant, mais de telle sorte que l'intensité des piments, au lieu d'emporter tout, n'occulte pas les senteurs les plus discrètes, leur laisse une place, joue avec elles un tendre jeu de cache-cache, si bien qu'on décèle, derrière la muscade, cette fragrance de vanille infusée, ou cette douceur d'entremets lacté qui ne gomment pas les épices lointaines qui se déploient en arrière-plan. Et voici que s'épanouissent les notes boisées : ce sont chênes discrêts, lichens et mousses après la pluie. Et ceci, une touche de fleurs blanches, un peu d'acacia et puis des arômes miellés, qui s'y joignent en un bouquet complexe, où se mêle aussi comme une pointe d'agrume, de baies encore vertes et de zan." (p.48-49)